Optique à Domicile

Témoignage par Sarah Halbeher

(webmaster d'http://www.alsege.fr)

 

Au regard du vieillissement de la population, de nouvelles actions visant l’accompagnement au « bien vieillir » naissent chaque jour. Certaines initiatives locales allant dans ce sens méritent d’être connues.

Les commerçants de proximité ont une grande utilité pour le “Grand Public“.  Mais plus particulièrement pour les retraités, qui en plus de leurs activités, peuvent faire appels aux produits locaux et de qualité. En plus d’une proximité utile, certains commerçants œuvrent dans l’accompagnement individuel et social de la personne vieillissante en difficulté. C’est le cas de l’opticien de proximité qui peut être indispensable lorsque l’on souffre de troubles visuels et que l’on a des difficultés de déplacements. Cela concerne majoritairement le public « senior ». C’est le leitmotive d’Alexandre Martin, Directeur d’« Optique de la Sarre » à Grosbliederstroff. Il nous présente son travail d’accompagnement et de conseil alliant individualisation et expertise.

Visite à l’Optique de la Sarre

C’est en ce début du mois de mars 2018, sous un ciel ombragé, que ma matinée fût éclairée par l’accueil chaleureux d’Alexandre Martin dans son magasin d’optique à Grosbliderstroff, petite commune de Moselle-Est à deux pas de Sarrebruck (grande agglomération Allemande). Ici, je sens la convivialité du personnel (Alexandre et ses deux salariées). Comme dans beaucoup de magasins d’optiques, des lunettes et verres sont placés sur de jolies vitrines. Des conseils d’utilisations et des publicités vantant des marques sont placardées. C’est le jeu ; c’est un magasin. C’est à se demander ce qui le différencie des autres marques d’optique sinon ce petit côté « cocooning ».

Nous nous sommes assis et il m’a expliqué : D’abord, commençons par le début. « En cas de troubles visuels, il faut se rendre chez un médecin ophtalmologue. C’est lui qui prescrit une correction de vue adaptée (lentilles de contact ou lunettes). Pour bénéficier de cette correction, il faut ensuite se diriger chez un opticien. » Celui-ci est présent pour tous les âges de la vie lorsque cela est nécessaire. Suivant la prescription médicale, il adaptera ses services et proposera la meilleure paire de lunettes ou de lentilles en fonction des besoins et des ressources du client.

Pour de nombreuses personnes, l’accès à ces services (ophtalmologue puis opticien) sont faciles à comprendre et réaliser ce processus tous les ans, voire tous les deux ans, devient routinier.  Mais, pour certaines personnes âgées ou en situation d’handicap, cela se complique. Pour cause ; La nécessité d’avoir un véhicule pour se rendre chez le professionnel, le manque d’accompagnement ainsi que de nombreuses difficultés de santé ne facilitent pas l’accès aux soins. Et pourtant, toute personne devrait être soignée avec égalité (ce qui n’est pas toujours le cas). Fait évident pour cet opticien. Il propose un service de conseil et de suivi à domicile si la personne en fait la demande.

La personne concernée ou la famille doivent en faire la demande, c’est obligatoire. L’opticien ne peut pas se rendre sans autorisation à domicile. Une fois la demande effectuée, un rendez-vous est pris. Les déplacements ne sont pas facturés, c’est gratuit. La venue de ce professionnel sert à rassurer et elle créée un réel lien. C’est ainsi qu’il va contrôler le matériel de vue (la saleté, les défauts, s’enquérir de la bonne utilisation et l’adaptation des lunettes existantes). En emportant une valise d’essai de vision de près et de loin, il pourra ainsi observer si des ajustements sont nécessaires. L’opticien peut également proposer des conseils par rapport à l’éclairage :

  • Le placement de certains meubles peut obstruer la lumière et augmenter les problèmes de vue ;
  • Un fauteuil dédié à la lecture peut être déplacé près d’une zone éclairée ;
  • Un écran d’ordinateur ou de télévision est peut-être trop proche des yeux.

Ainsi, par sa présence, l’opticien apporte un conseil de qualité. Il pourra également travailler en coopération avec les aidants familiaux (s’il y’en a) pour proposer des solutions et, si nécessaire, organiser un déplacement au magasin sur rendez-vous pour effectuer des contrôles de vue.

D’ailleurs, c’est à la fin du mois de mars qu’une de ses clientes à accepté de nous recevoir tous les deux pour que je puisse constater l’impact de son passage. Elle s’appelle Marianne et est âgée de 89 printemps cette année. Ne conduisant pas, il lui est difficile de se faire suivre par l’opticien directement en magasin. Elle a déjà deux paires de lunettes qu’elle a obtenues il y a quelques mois chez L’Optique de la Sarre. Mais elle a l’impression que ses lunettes sont mal ajustées. Elles lui donnent l’impression d’être un peu trop serrées et se salissent rapidement. De plus, elle a chuté récemment. Il serait dommage que des lunettes mal ajustées en soient la cause. Valise en main, Alexandre s’y est rendu et je l’ai suivi.

Visite chez Marianne

En ce jeudi 29 mars, c’est avec un joli sourire que Marianne nous accueille. Elle nous présente son fils, qui est présent. Après s’être assis, Alexandre nous informe sur son travail à domicile et souhaite nous expliquer toute la procédure qu’il effectue auprès de chaque bénéficiaire (car ce jour, il vient juste que pour un ajustement de lunettes). Marianne se prête donc au jeu des photos pour qu’on comprenne comment le suivi se déroule.

Pour rappel, dans un premier temps, c’est le client ou sa famille qui prend contact avec l’opticien. Il s’informe dans un premier temps du besoin en correction visuelle, en budget, en préférences pour des verres ou lentilles de contact. Ensuite, celui-ci demande que l’ordonnance lui soit transmise pour prendre connaissance des mesures prescrites par le médecin.

Une fois ces premières étapes réalisées, il se rend chez le client (en l’occurrence ici, Marianne) pour lui présenter une sélection de verres en adéquation avec le budget.

1ère phase : la présentation des montures

Ici les paires de lunettes sont présentées pour être choisies.

 

2ème phase ; la prise de mesure

 

Dans un deuxième temps, il mesure l’écart des yeux du client. Si vous vous le demandez, ce petit appareil définit « l’écart pupillaire » entre les 2 pupilles.

Cette mesure, qui reste identique pour un individu tout au long de sa vie, permettra, une fois connue, d’adapter le centrage des verres et des lunettes de vue.

Ça y est, les montures sont choisies et les mesures sont prises. L’opticien rentre dans sa boutique.

Il passe commande auprès des fournisseurs de montures et verres. Quelques jours passent avant réception des matériaux conformes à l’ordonnance de l’ophtalmologue.

 

 

 

3ème phase : Découpe, Affinage, Ajustage

Les verres sont découpés et ajustés en fonction de la monture choisie. La collaboratrice d’Alexandre m’a montré son travail.

4ème phase : Derniers ajustements

Le quatrième temps arrive. Alexandre peut retourner voir son client pour les derniers ajustements. Il propose ici l’essai des verres choisis. Il vérifie également l’adéquation des souhaits de la personne avec le service proposé, c’est essentiel. Pour appuyer la qualité des verres, il fait lire le client (grilles de lettres et chiffres de différentes tailles).

La procédure en général s’achève ici mais si le client n’est pas satisfait, Alexandre peut retourner dans son magasin pour recontacter les fournisseurs ou proposer des ajustements complémentaires.

Il travaille de manière claire et précise avec chaque personne suivie, plus particulièrement si celle-ci est très âgée, ce qui est le cas dans cette démonstration.

Entretien

Visite achevée, je décide de m’assoir quelques minutes et je discute avec Marianne et son fils pour recueillir leur avis sur tout ce travail. Car, autant qu’il est important de comprendre l’action mais il est essentiel d’analyser si celle-ci est pertinente pour les seniors. Je demande à son fils ce qu’il en pense ; « C’est intéressant dans la mesure où certaines personnes âgées ne peuvent pas se déplacer seules. Et puis, ça nous rassure nous les enfants. On fait notre possible pour déplacer notre mère mais quelquefois c’est compliqué, alors là c’est bien ».

Et Marianne, qu’en pense-t-elle de tout ce “remue-ménage“ ; « Je n’aime pas embêter les enfants, alors c’est bien, on n’a pas besoin de se déplacer au moins ». Et la fatigue dans tout ça ? « Oui, c’est sûr, il y’a moins de fatigue ».

Pour conclure 

S’il est sûr que cela ne pourra pas s’appliquer à tous les seniors en difficulté (physique, psychique, émotionnelle, sociale, etc.) l’accompagnement d’un opticien à domicile peut être un réel atout lorsque la personne a des difficultés pour accéder à un service d’optique en magasin.  De plus, travaillant auprès des multiples acteurs concourant au maintien à domicile (médecins, infirmiers, kinésithérapeutes, aidants naturels et professionnels, etc.), l’optique à domicile est sans doute à développer fortement à l’avenir.

Je remercie Alexandre Martin, gérant d’optique de la Sarre pour sa patience, son humanité et ses explications. Vous trouverez les coordonnées de son magasin dans le lien vers son site internet ci-dessous. Je remercie également chaleureusement Marianne et son fils pour leur accueil et patience ».

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